1 - Les aires marines protégées : des outils complémentaires pour protéger la mer

mise à jour: 07/07/2014
By - Derek Keats

Depuis le début du XXème siècle, nous avons cherché à protéger les paysages, espèces et espaces naturels particuliers de notre territoire, d’abord à terre, puis en mer. Initialement, la protection de la nature était centrée principalement sur la volonté de conserver les espèces et espaces considérés dans leur état « originel », ou face à des menaces immédiates liées à des aménagements. Cette vision est à l’origine des premiers outils de protection développés en France : réserves naturelles, parcs nationaux, arrêtés de protection de biotope, etc., plutôt focalisés sur des espaces restreints ou inhabités. Par la suite, pour étendre les politiques de protection sur des surfaces plus cohérentes en termes de réseau et de connectivité prenant en compte la nature « ordinaire », les considérations socio-économiques ont été progressivement prises en compte, avec pour objectif de ne pas systématiquement exclure l’homme de la nature pour la protéger, mais de tenir compte des activités présentes sur le site (naissance de la notion de développement durable). L’évolution des outils existants et la création de nouveaux outils intégrateurs (domaine public maritime affecté ou attribué au Conservatoire du littoral, parc naturel marin, Natura 2000 étendu en mer, etc.) a permis de dépasser les blocages liés à la crainte de mise sous cloche des territoires naturels et d’ouvrir le dialogue avec les politiques d’aménagement et de développement économique durable.

Calendrier de création des quinze catégories d’AMP reconnues en droit français. Source : L. Vong / Agence des aires marines protégées (2012)

Ainsi, l’évolution des conceptions de la protection de la nature permet aujourd’hui de disposer d’un panel d’outils de protection des milieux (notamment du milieu marin), imprégnés chacun par leur propre histoire et leurs propres caractéristiques.

Elle pose la question de la nécessité de chaque outil et de leur complémentarité qui amène les gestionnaires des espaces protégés et les usagers à définir pour chaque projet, la place de la nature et des activités humaines.

 

 

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